Mandylion

Le Mandylion ( grec « μανδύλιον », en arabe : منديل, Mandil, allumé « tissu, mouchoir ») est la pièce centrale qui servira de base à la représentation iconographique du Christ.

En 787, à Nicée, a lieu le septième concile œcuménique (le dernier avant la rupture entre catholique et orthodoxe). L’objet de ce concile était notamment de préciser la position de l’Église face à la montée du mouvement iconoclaste qui refusait la représentation du Christ, puisque selon l’Ancien Testament, on ne doit pas représenter Dieu.

Lors des débats, le Mandylion, ou Image D’Edesse fut largement mentionné.

“J’ai été à Edesse et j’ai vu l’Image Sainte non faite de main d’homme (acheiropoïète), honorée et vénérée par les fidèles.” Léon, lecteur de l’Église de Constantinople.

Selon la tradition, le roi d’Edesse, Abgar, était gravement malade. Il entendit parler des guérisons miraculeuses de Jésus, il envoya alors un messager pour lui demander de venir le guérir, et un peintre pour en faire le portrait. Arrivé sur place, Jésus aurait pris un linge du peintre sur lequel il aurait apposé sa face et son visage se serait inscrit miraculeusement.

De retour à Edesse, le roi Agbar se prosterna devant l’image de la Sainte Face avec foi et amour, et il fut guéri.

La guérison du roi Abgar devant le Saint Mandylion
(fresque de l’atelier St Jean-Damascène)

Le mandylion fut placé au-dessus de la porte principale de la ville. De nombreux fidèles venaient en pèlerinage pour vénérer l’image miraculeuse.

Edesse fut conquise par les Arabes, l’image fut alors ramenée à Constantinople au XXe siècle. 

Lors de la quatrième croisade en 1204, les catholiques pillèrent Constantinople et on perdit la trace du Mandylion.

Il existe d’autres récits d’acheiropoïète (Image non faite de main d’homme), notamment le récit de Sainte Véronique durant le chemin de Croix. De nos jours la seule image non faite de main d’homme du Christ encore accessible (et qui résiste à la critique scientifique et historique) est le Saint Suaire de Turin.